L’édition imprimée se maintient, en attendant la transition

L’édition imprimée se maintient, en attendant la transition

5 jan 2013

Le livre imprimé se porte encore bien en France, s’appuyant sur les nombreux atouts du marché. L’année 2012 pourrait cependant amorcer une baisse, qui témoigne du besoin d’anticiper des évolutions du secteur.

Stabilité. Voilà le mot qui caractérise le mieux l’édition papier en France. Le dernier bilan, datant de 2011 car les chiffres de 2012 ne sont pas encore disponibles, montre un marché « stable en volume comme en valeur » d’après le Syndicat national de l’édition (SNE). Le chiffre d’affaire se maintient en effet à 4,3 milliards d’euros pour 384 millions d’exemplaires vendus. Le secteur était alors toujours tiré par la Littérature générale (28%), suivie par les livres pour la jeunesse (16%) et la Bande dessinée (12%). De quoi consolider sa première place sur le marché des biens culturels (52%), loin devant la vidéo (17%) et la musique (9%).

Pourtant, une érosion commence à se dessiner sur le secteur de l’imprimé car il laisse une place croissante au numérique. Les premiers indicateurs de l’année 2012, montrent également un chiffre d’affaire du marché global du Livre en recul de 2,7% sur les 9 premiers mois, d’après le groupe GFK. Seul à faire encore bonne figure, le Livre jeunesse était en croissance. Cependant, comme l’explique Sébastien Rouault, chef de groupe Livre pour l’institut de recherche, « les mois de novembre et décembre sont des mois cruciaux » pour le secteur Jeunesse, car ils représentent « 25% de l’activité annuelle ». Le bilan de l’année écoulée pourrait donc marquer un léger recul.

Des spécificités françaises

Néanmoins, ce maintient relatif au cours des dernières années s’explique par « des fondamentaux solides » pour GFK. Les éditeurs bénéficient en effet de la loi sur le prix unique du livre, mis en place en 1981, qui a pour avantage de « structurer le marché ». Il s’accompagne surtout d’une « pratique de la lecture qui reste bien ancrée » chez les Français, 89% d’entre eux ayant lu au moins un livre en 2011. Pour combler cette soif de lecture, ils peuvent s’appuyer sur « une offre diversifiée » avec 690 000 références vendues en 2011. A l’autre bout de la chaine, le marché dispose de « 15 000 points de vente », une « spécificité française » pour le SNE.

Contrairement à celui de la musique ou de la vidéo, le marché du livre imprimé profite donc encore de revenus florissants. Il ne devrait pour autant par faire l’économie d’une restructuration de son modèle. Le cabinet de conseil Kurt Salmon prône ainsi une baisse des coûts fixes de diffusion et de distribution, et cela avant l’accélération de la baisse des ventes physiques. Cette transition sera, sans surprise, le principal défi de l’édition pour les années à venir. Il faudra aussi imaginer des prolongements au livre imprimé, à travers des QR codes par exemple, pour en faire un objet sachant évoluer avec son temps.

Crédit photo : © Vladimir Melnikov – Fotolia.com

Plus :
Le marché de l’édition en France, sur le site France.fr
Le marché français du livre porté par le secteur jeunesse, sur Actualitté

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