Pierre Lescure : « les acteurs doivent s’adapter ! »

Pierre Lescure : « les acteurs doivent s’adapter ! »

14 nov 2012

La mission dite « Acte 2 de l’exception culturelle » était de passage à Rennes, en ce début du mois de novembre. Après avoir rencontré différents acteurs locaux, son Président a fait le point sur les travaux et les orientations qu’il souhaite donner au financement de la culture.

« Il faut être plus volontariste », tel est le message que Pierre Lescure a voulu faire passer aux acteurs du secteur culturel, à l’occasion de son passage à Rennes. L’ancien patron de Canal+ s’est en effet vu confier depuis le 6 août 2012, une mission sur la politique culturelle à l’ère du numérique, par la ministre Aurélie Filippetti. Accompagné par 8 collaborateurs, il doit ainsi auditionner 90 contributions d’ici à fin décembre. Il rendra ensuite son rapport d’ici mars 2013, non sans avoir testé les préconisations.

Car le but affiché est de protéger « l’exception culturelle française », en somme trouver de nouveaux moyens pour soutenir la créativité dans des domaines comme le cinéma, la musique, le livre, la télévision… En ça, la France se distingue par « une très forte implication des pouvoirs publics » d’après Pierre Lescure. D’un côté « on apporte de l’argent » et de l’autre « on a une fenêtre de commercialisation », ce qu’il résume à « la chronologie des médias ». Sa mission doit donc trouver de nouveaux moyens pour lutter contre le téléchargement illégal, après le relatif échec des lois Hadopi 1 et 2.

« Quand en chronologie des médias on me dit on peut gagner un mois, un mois c’est juste tard pour le numérique ! »

Pour maintenir les dispositifs financiers existants et « les adapter », le directeur du théâtre Marigny souhaite ainsi « tendre au maximum vers l’instantanéité et l’universalité », avec « un partage maximal«  des contenus. Pour arriver à cela, il y a cependant un impératif : « les acteurs (culturels) existants doivent s’adapter », ce que seuls quelques secteurs ont commencé à faire. Pierre Lescure place ainsi son action dans l’idée d’avoir une meilleure offre légale en « amélior(ant) l’étendue des choix proposés et la simplicité d’y parvenir ». L’aspect répressif ne passerait alors qu’après.

Sur ce sujet, le président de la mission ne vise d’ailleurs pas en priorité les usagers, mais plutôt les financeurs des plateformes illégales. Pour atteindre ces sociétés, pour certaines basées à l’étranger, il faudra alors combiner « un volontarisme maximal » et « l’addition des efforts de nombreux pays ». Le débat ne se pose donc pas qu’au niveau français, mais aussi à l’échelle européenne voire mondiale. Reste que les orientations du rapport semblent plutôt pencher, à ce jour, vers un développement de l’offre, plutôt qu’une répression tous azimuts. De quoi rassurer les internautes sur les conclusions de la mission ?

Plus :
Le site de la mission Lescure
Lancement de la mission Lescure sur leMonde.fr

Le live-tweet du débat à la faculté d’économie de Rennes 1 :

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